![]() |
||||
|
|
|||
Avec l'album Be still please Mac McCaughan - un des propriétaires du mythique label Merge (berceau de The Arcade Fire, M. Ward, Lambshop, The Clientele et The Magnetic Fields), également chanteur et leader de Superchunk (qui a annoncé son retour en 2007) - revient dans l'actualité au sein de Portastatic, groupe Indie Rock brillant et captivant qui signe là son meilleur album à ce jour. A noter que la version européenne contient trois bonus. Difficile combat que celui qui consiste à s'imposer comme un groupe phare et novateur dans le monde ingrat de la Pop Music. Vous pouvez sortir autant d'albums solides, denses, aux mélodies inspirées, aux arrangements originaux que vous voulez, donner autant de concerts avec vos tripes (mais sans simagrées) que vous voulez et continuer malgré tout à vous voir reprocher votre manque de créativité et d'authenticité quand d'autres bien moins inspirés récoltent les félicitations du jury et le succès que vous mériteriez ! C'est précisément l'injustice que subit Portastatic, largement sous-estimé alors qu'ils sont ceux qui ont montré le chemin d'une pop qui peut être autre chose que légère. Le groupe est le développement et le prolongement de Superchunk dont il a hérité du son et du style. Il n'était au départ qu'une formation parallèle créée par M. McCaughan pour réaliser ses projets plus personnels. Il est aujourd'hui devenu le berceau principal de sa créativité pour le moins généreuse. Après huit albums, de nombreux singles et EPs, M. McCaughan revient avec « Be still please », nouveau bijou aux textes intimes et denses servis par cette voix si singulière qui ne cesse de s'affirmer avec le temps. Un album dans lequel alternent ballades tour à tour tendres (Sweetness and light), désespérées (Getting saved) ou intimes (Like a pearl) et titres plus rythmés (Sour shores). Le dernier morceau I'm in love (with Arthur Dove) est le titre le plus accrocheur que M. McCaughan ait jamais écrit. Les petits veinards qui auront la chance d'écouter ce disque l'accueilleront comme un vieil ami qui pourtant nous surprend encore, comme une de ces amitiés de longue date qui ne cessent de s'enrichir au fil des ans. Car si l'artiste reste fidèle à son univers, il n'en est pas moins un musicien aventureux dont le travail est en perpétuelle évolution. On trouvera sur Be still please la présence nouvelle de choeurs féminins (L. Cantrell et A.Hayden) et d'une section de cordes qui apportent beaucoup en terme d'atmosphère, d'émotion et qui dament même parfois le pion aux guitares. Si les morceaux reposent moins sur ces dernières qu'à l'accoutumée, M. MacCaughan nous gratifie cependant de mémorables solos sonnant comme un mélange de J. Mascis et de N. Young (tout particulièrement sur l'excellent final de You blanks). Au final, une formule déjà gagnante bien enrichie. Un album qui devrait finir de convaincre tous les Indie Kids et conquérir télés et large public à travers le monde !...Ne rêvons pas, scénario fort improbable ! Mais pour ceux qui auront la chance d'être dans la confidence Be still please deviendra à coup sûr un de ces trésors cachés réalisés par un groupe qui compte parmi les plus essentiels de la Pop actuelle. |
||||