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Quelque chose comme une histoire de mort et de résurrection…c'est ainsi que l'on pourrait décrire le parcours de Coque Yturriaga -membre du groupe Emak Bakia et guitariste de feu Migala- qui sort aujourd'hui son premier projet solo sous le nom de Num9.
Durant l'été 2005, Migala, le groupe qui a bouleversé la scène Indie Folk en Espagne, donne un dernier concert lors du Festival de Benicassim et décide de se séparer après huit années d'existence. Un THE END définitif pour Coque Yturriaga ? Rien de moins sûr !

Emak Bakia en sommeil, Coque Yturriaga s'enferme chez lui et travaille à ce qui deviendra The glow worm's resistance (métaphore de l'enfance comme une de ces nuits d'été, si rares aujourd'hui, dont la profonde obscurité n'est trouée que par les scintillements des vers luisants). Un ordinateur, des guitares électriques et acoustiques, des synthétiseurs en tout genre, sa voix et C. Yturriaga s'envole vers de nouveaux horizons de rythmes syncopés et énergiques. Il se remet également à l'écriture pour la première fois depuis le dernier album d'Emak Bakia. Au final, une pop mélodique, rythmée et bien singulière sur fond d'électro subtile.

Num9 est la fusion réussie de Migala et d' Emak Bakia  : plus pop que le premier dont on retrouve cependant parfois les guitares de la période la plus sombre du groupe, plus dansant que le second tout en en conservant la singularité. Dix morceaux entre Pop et Dance d'une fraîcheur et d'une spontanéité qui fait du bien dans le paysage Indie espagnol. On pense tout autant à Four Tet ou Hefner qu'à New Order version « technique » ou Pet Shop Boys version « Introspective ». The glow-worm's resistance s'inscrit en effet bien au-delà de toute catégorie (Indie ou même espagnole) au vu de ses samples, de ses mélodies, de ses cajas, de ses trouvailles bruitistes en tout genre, de ses soudaines accélérations et ruptures de rythme, de sa ligne de basse entraînante tout autant qu'entêtante.

The Dream et The Wait sont un curieux mélange entre une musique qui a quelque chose de dance et des textes peu habituels pour le genre (l'une sur un triste sire orgueilleux qui refuse de danser, l'autre sur la peur de monter sur scène). Stars s'envole au gré des nappes de claviers sur un texte évoquant la nostalgie des temps perdus à jamais. A giant step et Poema de la resistencia sont de parfaites chroniques critiques de la politique moderne et de la société actuelle. De la place aussi pour des textes simplement narratifs avec Perfect et The travel magazine ou dans la plus pure tradition des chroniques urbaines comme Poema de la Luciernaga . L'album s'achève sur The glow-worm's death , une chanson très intimiste sur toutes ces petites morts qui jalonnent l'existence et rendent nostalgique.

Voilà donc un album ambitieux et courageux, Coque Yturriaga prenant le risque de rompre avec ce qui a fait ses succès passés. Un album d'une grande diversité dans ses atmosphères et dans ses thèmes, à la fois lumineux et perturbant, à la fois joyeux et mélancolique.