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Le Mans (1990-1998) est l'un des grands groupes fondateurs de la scène indie espagnole. Son influence et sa discographie ont survécu à la fin du groupe et restent même particulièrement vivantes et dynamiques. Tout a commencé en 1986 à San Sebastian quand Peru Izeta, Jone Gabarain, Teresa Iturrioz et Ibon Errazkin forment Aventuras De Kirlian. Un groupe minimaliste (pas plus d'une minute par morceau et accords basiques) plus par nécessité que par choix ; aucun des membres ne sachant vraiment jouer de son instrument. Ils sont alors essentiellement influencés par Young Marble Giants, les groupes labellisés Cherry Red, les premiers Talking Heads, la Tamla Motown et quelques grands groupes psyché des années 60. Alejo Alberdi (ex-Derribos Arias) les remarque et les met en contact avec Dro, gros label indé madrilène pour qui ils enregistrent leur seul et unique album (éponyme) sous ce nom : échec commercial, fin de la collaboration. Ils reviennent sur scène en 1990 sous le nom de Le Mans accompagnés d'une nouvelle recrue : un véritable batteur de formation ; Gorka Ochoa. Il faudra cependant attendre 1993 pour que le groupe retrouve un label. C'est Elefant qui s'y colle en sortant “Le Mans ” en 1993, puis "Entresemana" en 1994. Par la suite, tout en conservant leurs influences premières (Kurt Weill, Sly and the family stone, Love, Orange Juice, Nick Drake, Vainica Doble, Julie London, Curtis Mayfield et bien d'autres), ils s'intérèssent à la scène dance version Tricky, Howie B, La Funk Mob et Portishead. L'album “Zerbina” en témoigne : 7 remixes électro aux sons des plus cosmopolites (de l'ambient en passant par le trip-hop et la jungle). Viendra ensuite “Saudade”, le disque le plus austère et le plus difficile d'accès du groupe : des titres à la beauté calme et nue parfaitement illustrés par l'artwork de Javier Aramburu. Il sort au Japon chez Tokuma Japan (qui compte dans son catalogue des références telles que The Charlatans et les groupes de 4AD) avec un bonus instrumental “Jonathan Jeremiah”, étrange morceau mêlant l'austérité de Saudade aux rythmes de Zerbina. Les Etats-Unis s'y mettent aussi: Grimsey Records propose d'abord un single “Un rayo de sol” avant une compilation regroupant des titres des 2 premiers albums. Une autre sortira en 1999 chez Radio Khartoum enrichie d'un inédit “Family”. En 1998, le groupe sort son ultime album “Aqui Vivia Yo” précédé de 2 maxis bluffants “Mi novela Autobiografica” et “Yin Yang” proposant chacun 3 bonus. Un dernier opus qui, comme toujours avec Le Mans, surprend et le public et la critique. Une dernière démonstration d'élégance et d'intelligence pour conclure un parcours sans faute. Le
groupe se sépare
mais l'intérêt qu'il suscite
ne faiblit pas et prend même de l'ampleur sur la scène
internationale. L'Argentine, via Indice Virgen, découvre Le
Mans avec
un CD reprenant 5 singles du groupe. Succès suivi
d'une véritable
compilation de 14 titres. Ibon et Teresa sont invités à venir
se produire dans le pays. De son côté Elefant continue de faire vivre la discographie du groupe et suit les projets solo de ses ex-membres. Ibon Errazkin y sort ses 2 albums solo. Encore au sein de Le Mans, il avait déjà réalisé des projets paralèlles tels Daily Planet (de l'instrumental influencé Felt et Orange Juice qui donnera naissance à un album “Romance” et à plusieurs singles) ou Instrumental (de la dance expérimentale). En 2003, Elefant propose “Catastrofe 17”, une compilation regroupant tous les singles et la plupart des faces B de Le Mans. En 2004, le label sort “Aqui Vivia Yo ” et “Saudade” sous forme de Remasters Deluxe, suivront “Le Mans” et “Entresemana”, la boucle est bouclée. En 2005, Elefant suit le projet solo de Teresa Iturrioz sous le nom de Single en sortant ses 2 premiers EPs et son premier album “Pio Pio” en 2006. A la fin de cette même année, sort également un double DVD “Eclectia” composé de videoclips de 18 réalisateurs. Gabe Ibanez y est présent avec “Cancion de todo va mal” de Le Mans (Domingo Gonzalez, qui travaille aussi régulièrement avec Elefant, s'y trouve aussi avec “Como un fan” de La Casa Azul). |
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