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« La danse de la réalité » : C'est un exemplaire de ce livre d'Alejandro Jodorowsky, tarologue, thérapeute, romancier, acteur et directeur de théâtre et de films Chilien, qui ont conduit Albaro Arizaleta à Madrid quand il a su que celui-ci ferait une séance de dédicaces dans le Parc « del retiro » (littéralement Parc de la Retraite). « De mi sangre a tus cuchillos » (De mon sang à tes lames) c'est la dédicace que le Chilien a paraphée sur le livre destiné au groupe El Columpio Asesino (la balançoire assassine). Une phrase critique, inquiétante et « morbidement » attirante qu'on ne parvient pas à appréhender dans sa totalité. El Columpio Asesino savait que cette phrase serait le titre de son nouvel album avant même d'avoir fini de composer les chansons. L'identification avec cette phrase a été totale, intuitive et irrationnelle et s'est érigée comme "totem" du groupe pendant tout le processus de construction du disque. "Une phrase qui n'a rien à voir avec les chansons de l'album mais sans laquelle tout aurait été différent". Un disque qui, en tout cas, était déjà différent du précédent, dans son approche initiale. Cette fois, l'enregistrement a commencé avec des sessions en direct dans les studios Elkar de Saint-Sébastien avec batterie, basse et deux guitares. De ces sessions a été tirée une première ébauche des chansons. La sélection des micros et des instruments a été faite les jours précédant ces sessions, comme sur l'étal d'un marché : "il s'agissait de parvenir à enregistrer un son brut et le plus charnu possible". Les frères Arizaleta y d'Iñaki de Lucas se sont chargés du processus de production. Une production dans laquelle les chansons étaient considérées comme des créatures sonores autonomes avec des règles internes propres qu'il fallait découvrir et sur lesquelles les producteurs agissaient d'une manière alchimique en ajoutant, en enlevant, en épurant et en observant tandis qu'ils espéraient une manifestation de la révélation. Les chansons parlent de sexe, de solitude et de salut et on pourrait formellement les situer dans le Mouvement International Néoexpressioniste Postcapitaliste (MINP). L'excès, l'accumulation, la compacité éthérée, la stridence, la répétition et l'absence d'éléments structurels reconnaissables tout au long de la durée de l'album dotent l'ensemble d'une morphologie abstruse, délirante et définitivement maladive. Des concepts canoniques comme beau, laid, harmonieux ou dissonant s'avèrent instables et non opérationnels face à la nécessité d'être de chaque chanson, de sorte que paradoxalement la compréhension en est simplifiée, pur plaisir péristaltique en code "art-copró". De longs rassemblements, des attaques directes, des querelles de trahison et beaucoup de sueur dans cette musique dont l'objet de désir n'est autre que celui de... la danse de la réalité. |
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